Interview : Colère, nom féminin !

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Cette semaine, L’Édito du Fauteuil accorde sa deuxième interview à Laura, nantaise et en colère. A 26 ans, elle fonde son association de lutte contre le harcèlement de rue « Colère : Nom féminin », à coup de slogan, et de graphisme.

Pourquoi ce projet ?

L’année dernière, un homme m’a bousculée, et m’a insultée de « viande à viol », rodée aux autres insultes, je n’ai pas su réagir à celle-ci. Elle m’a profondément marquée, un choc. Je commençais déjà à me poser des questions sur les problématiques féministes, la montée de la gratuité de l’insulte et ce « viande à viol » laché comme un boulet de canon a été l’élément déclencheur. L’histoire de Jack Parker, rédactrice à Madmoizelle, m’a confortée dans le fait, que je n’étais pas seule, et que les femmes commençaient à être en colère.

Je ne suis pas une militante sur le terrain, il me fallait  une autre solution, je suis plutôt douée pour la gestion de projets et l’argent c’est le nerf de la guerre. 50% de l’argent récolté dans la vente des tote-bags et des tee-shirts sert à financer leur conception et leur impression, le reste est dédié à aider des associations en lutte contre le harcèlement de rue.

Pourquoi  répondre aux insultes par la colère et un langage violent ?

Parce qu’on a déjà essayé de réagir autrement. Ça ne fonctionne pas, c’est trop naïf, trop timide, il faut s’imposer. Le dialogue ça marche bien sûr, mais ça ne suffit plus. Face à de l’agression, même verbale, l’idée est de prendre la colère qui est en nous et d’en faire quelque chose de positif.

 Est-ce que porter le sac/tee-shirt affublé de ce slogan ne va pas inciter à la violence justement ?

Les femmes qui se le procurent, ne sont pas obligées de le porter, l’asso Colère : Nom féminin, n’est pas une association de terrain, nous sommes en quelque sorte, les forces de l’ombre. Je porte tous les jours le tote-bag et beaucoup d’hommes ont salué l’action. Je n’ai eu qu’une seule remarque négative, qui s’est soldée par une plaisanterie. Le slogan « Ta main sur mon cul, ma main dans ta gueule » n’est pas une agression, c’est une réponse, un message à caractère préventif.

Tu collabores avec L’Atelier du grand chic, pour les sérigraphies et Aoura, une agence de relations presse, pourquoi ce choix ?

J’ai choisi l’Atelier du grand chic par affinité, et parce que l’équipe a tout de suite été emballée par le projet. Ils sont été prévenants et ont apporté un grand soutien. Sinon, l’agence Aoura, m’a contacté pour me proposer sa participation et apporte un grand soutien à l’association.

En colère est présente sur les réseaux sociaux, d’autres dispositifs de communication en vue pour la suite ?

Nous ne sommes pas une association de terrain, nous sommes un maillon qui aide les autres associations à agir. Facebook a été un tremplin inestimable pour diffuser le concept. La page à peine lancée à attirer 1200 fans en une nuit, et nous dépassons actuellement les 5000 abonnés, mais sinon pas d’autres moyens de communication en vue, en fait nous sommes plus un moyen de communication, pour d’autres associations, plutôt qu’une fin en soi.

Et sinon pour la suite ?

Nous prévoyons de mettre en place dans les semaines qui vont suivre des cours d’autodéfense (Krav Maga) à Nantes

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